La belle aventure de la Chasse

 

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  "Il avait ce défaut commun je crois, à nombre d'aviateurs, et qui devient chez eux une déformation professionnelle: la vie ne prenait pour lui sa parfaite saveur que risquée"

André Gide à Propos d'Antoine de Saint-Exupéry

 

 

 Bienvenue au royaume de mes avions et de mes livres !

 

 

richard.feeser

Les anciens de la promotion 1968, René Bigand, de l’École de l’air, ont été très heureux de se retrouver au cœur même de la belle ville de Salon de Provence, les 19 et 20 septembre 2008.

 

Trois généreux camarades de cette promotion d’élite (Jean François, Serge et Bernard ) avaient élaboré un beau programme aux multiples temps forts, suivi comme un seul homme par les nombreux anciens élèves présents, ainsi que leurs épouses ravies d’être là.

Venus des quatre coins de France et de beaucoup plus loin (Australie, Tahiti, Algérie, Arabie Saoudite, Nouvelle Calédonie…) les membres de la promotion, dispersée depuis si longtemps, se retrouvèrent dans les rires et les embrassades fraternelles, sous un soleil radieux donnant tout son éclat à cette véritable fête.

« Mais qui se cache derrière cette moustache poivre et sel ou ces lunettes rieuses ? » se sont-ils parfois demandés, avant de reconnaître un copain de chambrée, même voisin de lit, un partenaire au club d’aéromodélisme ou un coéquipier au rugby (sport roi en 1968), quarante ans plus tôt. Pour perturber les moins physionomistes, de sympathiques bedaines et cheveux blancs sur fronts dégarnis accompagnaient des ridules joyeuses témoignant de si belles vies, tous corps confondus, PN, Mécaniciens, et Commissaires. Pour leur plus grand plaisir, Ali , perdu de vue depuis la sortie du Piège, avait fait le voyage, et leur brigadier Maurice et son épouse étaient fidèles au rendez-vous.

Après la messe à la chapelle de l’école, une émouvante cérémonie à la salle des marbres en souvenir de leurs chers disparus (sous le regard attendri de quelques aspirants), et l’exposé très complet du général  commandant l’école, le déjeuner du premier jour laissa place aux échanges d’anecdotes soulignant une belle cohésion, en présence du général Saint Cricq et de son épouse, ancien commandant de l’école. Puis, ils visitèrent le bâtiment Testard aux chambres rénovées, où quelques élèves et cadres leur firent bon accueil, dont certains élèves américains en échange.

On évoquait ici et là, « Tu te souviens… ? », les belles heures d’une jeunesse si bien vécue dans le vent des hélices où les « bombes soufflantes » et les « tenues bibendum » furent leurs premiers combats d’aviateurs voués aux filets d’air sous tous les cieux du monde.

Après avoir admiré l’étonnant mur d’images des Baux de Provence, dans la meilleure ambiance qui soit, la première journée se termina tard à Pelissanne, dans un restaurant plus animé que jamais, pour relire le temps passé, parfois photos en main, celles des enfants et des petits-enfants...

La seconde journée fut plus touristique, du côté de la Fare-les-oliviers, pour visiter une ferme de production d’huile d’olives et faire quelques dégustations et des achats de produits locaux, avant un dernier repas convivial.

 

Ces belles heures chaleureuses et provençales, pleines de solidarité et d’amitiés, passées en commun, posèrent la question de la date des prochaines retrouvailles, dans cinq ans peut-être, à Alger la Blanche, comme le proposaient certains avant de partir dans un concert de klaxons d’adieu.

 

Ils se séparèrent comblés que leur belle amitié de Piégeards, venue de si loin, soit toujours aussi vivante et forte, comme leur chère école qui les avait si bien accueillis.

soldat-tchadien.jpg Une fois de plus, le Tchad vient de vivre et de surmonter un épisode sanglant de la guerre des chefs, ou plutôt celui d’une mauvaise histoire de famille Bideyat où la lutte pour le pouvoir est toujours d’actualité. Il faut dire que les nouvelles richesses pétrolières du pays, plus que prometteuses dans cette terre jusque là oubliée, compliquent probablement les choses pour des dirigeants ayant parfois tendance à considérer le pays comme un butin de guerre, plutôt qu’une nation promise à la démocratie.

Pourtant des élections en bon ordre ont eu lieu, présidentielles et législatives, mais foi de Bideyat, de Zagawha ou autre, pourquoi ne pas l’emporter une fois encore par les armes ? Pourquoi ne pas chasser du palais ce président, pourtant si proche, mais qui aurait peut-être oublié les bons vieux principes de la famille africaine élargie ? Et pourquoi diable ne pas faire comme lui en son temps, utiliser la force pour arriver à ses fins ?

Il faut dire que, dès qu’un grief froissant l’honneur ou le portefeuille survient au sein d’une certaine élite locale, elle aurait tendance à prendre le maquis en désormais rebelle, avec armes, bagages, et téléphone satellitaire pour clamer ses rancoeurs vers le monde libre, depuis les hauteurs du Tibesti et d’ailleurs, entouré d’une poignée de fidèles armés jusqu’aux dents et prêts à tous les sacrifices...

Cette fois encore plusieurs de ces nouveaux rebelles (depuis 2005) venus du Soudan, autrefois généraux légalistes ou proches conseillers de l’actuel président, ont opté pour le scénario catastrophe des « libérateurs », qui consiste à « sauver le pays » en chevauchant l’une de ces mythiques Toyotas armées, ou plus exactement en guidant une colonne de plusieurs centaines de ces véhicules rapides comme le vent...

Étonnamment, ils ont bien failli réussir en ce début d’année 2008, en prenant tout le monde par surprise, jusqu’à venir faire le coup de feu en pleine ville de N’Djamena... aux marches du palais !

On a quand même un peu de mal à croire que personne n’avait rien vu venir, dans un pays où lorsqu’une fourmi marche dans le Nord, tout le Sud est au courant (et le pays est grand) ! On pourrait aussi tomber à la renverse, en apprenant que rien de moins que le propre neveu du Président Déby, Timane Erdimi (et son frère jumeau, dans ce cas peste et choléra), qui a si longtemps occupé les plus hauts postes à N’Djamena (directeur de cabinet du Président…), aurait trahi son leader africain d’oncle pour tenter de se mettre à son compte par coalition libératrice interposée. Et pourtant… !

 

C’était sans compter sur dame la chance et ses protecteurs de février 2008, qui ont aidé la République Tchadienne à mettre fin aux inutiles souffrances de son peuple, au prix de centaines de morts inutiles et certainement de secrètes rancunes.

 

La suite au prochain épisode, me diriez-vous ? A moins que, d’ici là, les uns et les autres, acteurs déterminés et égoïstes de ces aventures militaires d’un autre âge, n’aient enfin compris que le peuple tchadien n’aspire vraiment qu’à la paix. 

Aux dernières nouvelles les combats violents ont repris (1 et 2 avril 2008, on déplore la mort de nombreux enfants soldats...) à Adé, et les propres fils du Président Deby auraient envisagé de rejoindre tonton Timane... 


... et tout sur l'Afrique d'hier et d'aujourd'hui ici:
http://www.publibook.com/boutique2006/detail-265-0-0-1-PB.html

120-copie-1.jpg Réunion de la Promotion Le Mans 59-64

 

Les anciens de la promotion 59-64 (Studieux et Joyeux), de L’École Militaire Préparatoire Technique du Mans, ont été très heureux de se retrouver au cœur même de la belle cité sarthoise, les 6 et 7 octobre 2007.

 

Trois généreux camarades de cette promotion (Pierre Quesne, Lucien Legay, Michel Mirjol) avaient élaboré un beau programme aux multiples temps forts, suivi comme un seul homme par les 78 anciens élèves présents.

Venus des quatre coins de France les membres de la promotion, dissoute depuis si longtemps, se retrouvèrent dans les rires et les embrassades fraternelles, sous un soleil radieux donnant tout son éclat à cette véritable fête.

« Mais qui se cache derrière cette moustache poivre et sel ou ces lunettes rieuses ? » se sont-ils parfois demandés, avant de reconnaître un copain de chambrée, même voisin de lit, un partenaire à la musique de l’école ou un coéquipier au handball, quarante ans plus tôt. Pour perturber les moins physionomistes, de sympathiques éléments d’une promotion voisine étaient aussi venus faire le nombre.

Toutes classes confondues, des SA (apprentis) aux TEI (techniciens) jusqu’aux T (voués aux longues études), ils ont visité la vieille ville joliment restaurée, surpris un cortège nuptial au sortir de la cathédrale, parcouru les boulevards à petite vitesse, à bord d’un immense autobus. Les anecdotes échangées, des Jacobins à la gare, en passant par le célèbre jardin des plantes, ont confirmé qu’ils avaient là un passé commun.

Après le cocktail et quelques émouvants témoignages d’anciens cadres et professeurs, suivis d’une reprise à pleine voix du chant des enfants de troupe, le dîner a laissé place à quelques pas de danse où le Madison s’est imposé pour souligner leur réelle cohésion, devant des épouses ravies d’être là.

La première journée s’est terminée tard, certains accrochés à la coupe pétillante du dernier bar ouvert, pour relire le temps passé, photos jaunies en main.

 

La seconde journée, lancée par la sonnerie d’un clairon zélé, fut plus émouvante puisque le quartier Paixhans, aujourd’hui école de gendarmerie, leur ouvrit ses portes vers leurs plus lointains souvenirs d’adolescents enfants de troupe. Les pavés brillants où ils « éclataient » leurs chaussures cloutées, les grands bâtiments du haut desquels ils jetaient des bombes à eau, les escaliers et les parquets de bois mille fois grattés à la paille de fer, les ateliers où l’on poussait « Caroline » (lime), le gymnase où volaient les cris des supporters juchés sur la galerie métallique mise en résonance, les réfectoires aux bacs huileux de frites et témoins de tant de « grèves de la faim », le sinistre salon de coiffure (court devant, ras derrière !) l’infirmerie aux redoutables vaccinations en jeûne et douleurs, tout était là sous leurs yeux, ravis que le temps n’ait pas effacé toutes leurs traces. Une messe où la longue liste des disparus a été citée, suivie d’un dépôt de gerbes au monument aux morts avec le concours de la musique d’un des leurs, avait couronné ce retour au source, achevé au petit musée gravé de la belle devise de leur ancienne école : Instruits, Droits, Adroits !

 

Ces belles heures chaleureuses, pleines de solidarité, posent déjà la question de la date d’une prochaine rencontre, dans trois ou quatre ans, près de Vittel disent certains, soucieux de prendre le relais : « Vite que l’on s’attroupe… »

 

Ils se séparèrent radieux que leur belle amitié soit toujours aussi vivante et forte.

 

L’un des leurs, Richard Feeser


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